
Chapitre IV - La proposition de Kepler

Si Saturne est lié à l’élément Terre, via le Capricorne, on trouve aisément la suite : Jupiter et Mars ont la maîtrise du Sagittaire et du Bélier, signes de Feu. Le passage d’une sphère à l’autre sera pour ces deux planètes associé au tétraèdre. De même, Mercure et Vénus ayant la maîtrise des signes d’air que sont les Gémeaux et la Balance, la transition se fera sous l’égide de l’octaèdre. Ainsi, les cinq solides de Platon sont associés au système solaire, comme Kepler le résume dans cette figure demeurée célèbre (<— ici, à gauche).
La suite, Gérard Simon (op. cité) nous la conte :
« Une fois qu’il a mis en place, pour des raisons de convenance symbolique beaucoup plus qu’en vertu de considérations numériques, les polyèdres auxquels répondent les différents orbes, Kepler passe enfin aux calculs qui permettent de vérifier son hypothèse en confrontant les chiffres qu’elle fournit aux données d’observation ». Et de l’aveu de Kepler,
« ce que ma découverte m’a donné de joie, jamais je ne pourrai l’exprimer par des mots ».
Le système héliocentrique de Copernic, s’il n’intègre pas encore les mouvements planétaires elliptiques que découvrira Kepler bien des années plus tard, confirme la nouvelle théorie : en particulier, les valeurs pour Vénus-Terre (794/1000) et Mars- Jupiter (333/1000), qui sont exactes au millième près. D’autres valeurs sont moins précises : le système de Copernic, héliocentrique à juste titre, reste faux par ses orbites circulaires (ce que Kepler corrigera par approche en passant de la notion d'épaisseur à celle de courbe elliptique).
Le génie de Kepler viendra à bout de bien des difficultés ; et c’est là le cœur d'une démarche qui ouvre la voie à la science moderne, et permettra de comprendre enfin les lois du système solaire (les fameuses lois de Kepler). Kepler affinera le modèle des polyèdres sans jamais le renier, et c'est bien l’astrologue qui révolutionnera la mécanique céleste.
© Christophe de Cène - Tous droits réservés.

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