Deuxième partie -:- La précision des mesures
La précision des mesures astronomique de Tycho Brahé permet à Kepler d'établir ses lois à partir de la Géométrie Sacrée.
kepler  En 1596, Kepler dispose d’une théorie polyédrique à laquelle il ne renoncera jamais, même après l'établissement de ses trois lois fondamentales. Mais à ce stade, les coïncidences entre théorie et observations sont très approximatives, et l’astronome ne saurait s’en contenter. Plutôt que de remettre en question son approche, Kepler va repenser le système de Copernic et ses orbites circulaires. Et une chance inouïe va le guider dans sa recherche… Car les polyèdres, nous allons le voir, s’avèrent d’une incroyable précision ! Et c’est la théorie des solides de Platon appliqués au ciel, aujourd’hui reléguée aux bancs du hasard, qui va donner à Kepler les clés du mouvement elliptique des planètes.


 Web Astrologie   Chapitre I - Prague, Rodolphe II et Tycho Brahé

kepler  Comme souvent, une rencontre s’avère décisive : en 1600, Kepler se rend à Prague, à la cour de Rodolphe II, pour travailler avec Tycho Brahé, alors le maître incontesté de l’observation astronomique.

1 •    La précision des mesures


kepler  Les données collectées par cet autre invité de Rodolphe II à la cour de Bohème sont d’une rare précision. Notons bien que la Science est née quand la précision technologique a permis de confronter les modèles théoriques à la réalité de la mesure. Cependant, une différence de 18 secondes d’arc dans la description du mouvement de Mars reste à cette époque imputable l'imprécision de la mesure. Malgré tout, et contre l'opinion générale de ses collègues, cette infime différence incitera Kepler à remettre en cause la théorie de Copernic dans le mouvement circulaire des planètes. La première preuve qu'offre Kepler est sa foi absolue en la rigueur de son Maître Tycho ! Kepler va alors disposer d’informations sur le mouvement de Mars, Jupiter et Saturne. Et la chance lui sourit : L’astronome croit en sa théorie polyédrique, mais vite il se rend compte qu’elle reste approximative, sauf à considérer une certaine « épaisseur » de l’orbe des planètes, ce qui est, convenons-en, bien peu satisfaisant sur le plan intellectuel. Heureusement, la réalité astronomique vole au secours de l’astrologue.

2 •    L'apparition de l'ellipse


kepler  Que savons-nous aujourd’hui grâce à Kepler ? Que les planètes tournent autour du Soleil en suivant une ellipse dont cette étoile occupe l’un des foyers. On peut définir cette ellipse par son demi-grand axe et son excentricité. Au plus près du Soleil, la planète est au périhélie ; et à l’aphélie lorsqu’elle s’en éloigne au maximum. Or (est-ce vraiment un hasard ?), à son aphélie, Mars se trouve à 249 228 730 km du Soleil, tandis que Jupiter, à son périhélie, se rapproche du Soleil à 740 520 000 km. Le rapport est de 1/3 (à moins de 1% près). Les deux planètes, quand elles se trouvent au plus près l’une de l’autre, flirtent avec les valeurs de la théorie polyédrique de Kepler, qui prévoit un rapport de 1/3 lié au tétraèdre. Ce rapprochement va mettre notre astronome sur la bonne voie. Et, second miracle, Jupiter et Saturne vont confirmer cette approche avec une précision encore plus grande…


kepler  Le demi-grand-axe de Jupiter est de 778412027 km (cette valeur ne sera établie qu'au XX° siècle). A son périhélie, Saturne s’approche du Soleil (et de Jupiter) à 1349467375 km. Confronté à la théorie des polyèdres, qui indique un rapport de 1/√3 lié au cube, la précision est cette fois de 0,09%, soit 9 pour 10000. C’est ce singulier constat, rendu possible grâce aux mesures de Tycho Brahé, qui va permettre à Kepler d’énoncer, bien des années plus tard, ses trois lois. Et c’est sans doute la raison pour laquelle il ne renoncera jamais à sa théorie des solides de Platon, clé du cosmos. Les commentateurs modernes ont bien du mal à comprendre cette démarche tout simplement parce qu'elle n'a jamais été expliquée sérieusement.

3 •    Si Kepler revenait ...



kepler  Dans son Histoire de l’Astronomie publiée au Seuil, Jean-Pierre Verdet fait remarquer que « le miracle réside dans l’accord, sinon parfait en tout cas acceptable, entre les rayons successifs des sphères inscrites et circonscrites aux polyèdres réguliers pris dans cet ordre et les distances relatives des planètes au Soleil dans le système de Copernic. On tremble de ce qui serait advenu de la santé mentale de Kepler si Uranus, tout juste à la limite de la détection à l’œil nu, avait été découvert dès l’apparition des lunettes d’approche, donc du vivant de Kepler ! ». L’auteur sous-entend que les nouvelles planètes, Uranus, Neptune, Pluton et enfin Éris (2005) sortent du référentiel de Kepler...



Les conjonctions Jupiter-Uranus forment un magnifique Hexagonekepler  Mais si Kepler revenait… L'astrologue constaterait tout d’abord que les conjonctions Jupiter-Uranus dessinent dans le ciel un hexagone quasi parfait. L'harmonie des sphères s'exerce au-delà de Saturne !

<— Les conjonctions Jupiter-Uranus
    (Elles forment un magnifique Hexagone)














kepler  Puis Kepler constaterait, dans notre fiction, que les distances au Soleil (en Unités Astronomiques, distance Terre-Soleil) sont respectivement, à l’aphélie, de 10 pour Saturne, 20 pour Uranus et 30 pour Neptune. Belle progression, d’autant qu’avec le rapport 1/3, un tétraèdre se glisse entre Saturne et Neptune ! Ensuite le dodécaèdre régit le couple Neptune-Pluton. Enfin le cube règle le duo Pluton-Éris. Dans ce dernier cas, les distances au Soleil (demi-grand-axe pour les deux) sont de 39,482 UA (Pluton) et 67,668 UA (Éris), soit la valeur théoriquement liée au cube à 1% près. Dans ce contexte, si Kepler revenait, pensez-vous sincèrement qu’il renoncerait à sa théorie d’une harmonie du monde fondée sur les solides de Platon ?



Le portrait de Pacioli

Luca Pacioli, auteur de la « Divine Proportion »



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