Kepler est sans conteste le père de la mécanique céleste. Ses célèbres trois lois fondent l’approche moderne du système solaire, ouvrent la voie à Newton et, de ce fait, à la physique contemporaine. Cependant, l’historien des sciences semble souvent embarrassé lorsqu’il lui faut expliquer la genèse de ce travail, car d'étranges Savoirs anciens sous-tendent les découvertes du génie allemand.

Chapitre I - Le contexte des découvertes de Kepler
Situons tout d’abord le contexte scientifique lors de la parution en 1596 du « Mysterium Cosmographicum » (le secret du monde) de Johannes Kepler, alors âgé de 25 ans...
1 • 1696 - Parution de « Mysterium Cosmographicum »
Pour l’église, aucun doute : le Soleil tourne autour de la terre. La majorité des enseignants admet ce dogme. Galilée, contemporain de Kepler, en fera les frais en 1633 et devra abjurer l’héliocentrisme qu’il défendait. Pourtant, Copernic avait déjà proposé un système héliocentrique révolutionnaire : la terre n’est plus le centre du monde, mais tourne autour du Soleil. L’idée n’est pas neuve. Aristarque de Samos, né vers 310 avant JC, avait en son temps mesuré la distance terre-lune, proposé une méthode d’évaluation de la distance terre-soleil et prôné, déjà, l’héliocentrisme. Mais le système géocentrique de Ptolémée avait gardé la faveur des anciens. Tycho Brahe propose un modèle hybride, géo-héliocentrique, au sein duquel le Soleil et la Lune tournent autour de la Terre, tandis que les autres planètes tournent autour du Soleil.
Dans ce contexte incertain, Kepler opte pour l’héliocentrisme. L’astronome est homme de foi et de tradition. Mais à l’évidence sa liberté de pensée est sans limite. Voilà l’expression d’un modernisme qui peut surprendre... La tante qui avait élevé la mère de Kepler fut brûlée par l’inquisition pour sorcellerie. D’étranges savoirs gnostiques flirtent, dans la pensée de Kepler, avec la science moderne qui y germe : conceptions pythagoriciennes et néo-platoniciennes, gnose antique et astrologie. Oui notre homme est astrologue, praticien et convaincu du bien-fondé de cette discipline, qu’il travaille au même titre que la mécanique céleste, en repensant lorsqu’il le faut ses concepts. Toute sa vie durant, Kepler est en quête de l’harmonie du monde, de la musique des sphères.
2 • Retour en arrière : 19 juillet 1595
Nous sommes le 19 juillet 1595. Un jeune professeur d’astrologie trace sur le zodiaque la succession des conjonctions Jupiter-Saturne. Son nom ? Kepler. Oui, le père de la science moderne est astrologue, et ses travaux nourriront Newton l’alchimiste et, par voie de conséquence Einstein, juché lui aussi sur l’épaule des géants. Cette vérité sort rarement des coulisses de la discrétion. L’ouvrage de Gérard Simon, « Kepler, Astronome, Astrologue » (1979, Gallimard), nous éclaire. Nous empruntons nombre de renseignements biographiques à ce professeur de philosophie de l’université de Lille III. Il souligne notamment la très singulière appartenance du père de l’astronomie moderne au monde des néo-platoniciens, gnostiques et magiciens en tout genre.

Revenons au 19 juillet 1595 : Kepler s'illumine ! Il s’en expliquera l’année suivante dans son premier ouvrage, Mysterium Cosmographicum (le secret du monde). Les conjonctions Jupiter-Saturne se produisent tous les vingt ans environ, chaque point de conjonction étant approximativement au trigone (120°) du précédent. Gérard Simon relate ainsi le déclic de Kepler, tel qu'il s'est produit ce jour là (page 275) :
« Un événement fortuit le dirige enfin vers sa voie définitive. Il explique un jour à ses auditeurs en quoi consiste la Grande Conjonction : il trace donc devant eux la série successive des conjonctions de Jupiter et de Saturne, qui ont aux yeux des astrologues une importance capitale. Il se rend compte en regardant la figure que les triangles approximativement équilatéraux qu'il a dessinés déterminent un cercle inscrit; alors se produit en lui le déclic grâce auquel se cristallise une intuition …/…»
Ci-dessus : Les conjonctions Jupiter-Saturne Schéma de Kepler
extrait de « Une Histoire de l’Astronomie », Jean-Pierre Verdet, Seuil.

De même, Kepler avait nécessairement repéré l’organisation des conjonctions supérieures Soleil-Vénus, qui forment une étoile à cinq branches autour du zodiaque. La figure du Pentagramme implique le Nombre d'Or qui de ce fait, règle les périodes de révolution de Vénus et de la Terre.
<— Ci-contre, le schéma extrait de l’ouvrage d’Yves Lenoble :
« Initiation à la pratique des cycles planétaires », 1994, ed. de l’ARRC
L’auteur fait remarquer l’omniprésence de phi (1,618) dans les cycles astrologiques solaire, vénusien et soli-vénusien.
© Christophe de Cène - Tous droits réservés.

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